Extraits

 

« Dans le monde du droit, vous parlez en français, on vous répond en françois. On leur dit urgence, ils entendent durée. On leur pose une question, ils répondent à une autre ou bien ils ne répondent pas. Ils peuvent s’exprimer par écrit mais leurs formules relèvent du charabia, sans doute pour se donner des airs scientifiques, comme si la justice était une science. »

 

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« C’est à gerber. Vous vivez dans un monde qui n’est pas le vôtre, avec une espèce humanoïde qui vous ressemble mais qui n’est pas la vôtre, et qui vous bouffe. Vous voilà seul contre tous, entouré de prédateurs, de charognards. Et d’herbivores. Avec ce flottement qui vous baigne lorsque l’on regarde autour de soi en se demandant quand va cesser la démence ; avec cette envie de tuer, qui vous prend, à vous aussi. Après tout, il n’y a pas de raison. Puisque personne ne réagit et que seul le tueur compte… »

 

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 Du déni de justice

« Cela s’appelle aussi : le culte du mépris.

La magistrature l'a érigé en principe régulateur. »


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« Dans ces petits temples de la tourmente, vivent et besognent des orangs-outans, des gorilles, des tamarins. Quelques gibbons de passage, des macaques qui se cherchent les poux entre eux mais ne veulent pas des vôtres. Des êtres simiesques aux faces figées, souvent grimaçantes, jamais souriantes. Ils se soutiennent sans s’aimer, se congratulent dans le défi, s’entre-déchirent par cassation, ultime camouflet, crise de chimpanzés qui cassent leur bâton.
Ils vous regarderont comme un singe regarde un objet, prompts à vous éjecter, vous et vos tonnes de dossiers, d’un revers de main tels qu’en lancent les primates.
Des singes, mais aucun bonobo. »