Les avocats

 

« Opportunistes, veules, fourbes, arrogants, comédiens, sans morale ni
amour-propre, fainéants, improvisateurs, obscènes, traîtres, détrousseurs,
malsains, souvent ignorants du droit le plus élémentaire qu’ils découvrent
au fil des affaires, quelle que soit leur spécialisation, lorsque ce ne sont
pas leurs clients qui le leur apprennent...
« Infréquentables.

 

« Pas même besoin de caricaturer l’avocat puisque l’évolution déviante de sa carrière peut le mener jusqu’au poste de procureur, appelé aussi avocat général, c’est-à-dire le contraire de ce qu’aurait dû être sa vocation, s’il en existe seulement une pour ce métier. D’ailleurs, historiquement, la fonction de procureur a été créée autour du XIVe siècle par sélection des meilleurs... avocats. C’est déjà dire l’ambiguïté de ce qu’on attendait d’eux à l’époque.

 

« Combien d’avocats basculent dans la magistrature ? Leur incroyable capacité
à passer d’un extrême à l’autre, sans transition ni états d’âmes, fait rêver autant
de transsexuels que d’énarques.
« Défendre la cause de celui qui dérape, mais qui peut se racheter, est une
idéalisation nigaude de gamin rêveur : l’avocat ne se consacre ni à une cause ni
à un individu, il se vend au plus offrant et crée davantage de victimes qu’il n’en
défend puisqu’il accusera autrui pour défendre untel, surtout si autrui est
la victime d’untel.
« L’avocat, c’est la personnification de la déloyauté.

 

« Il n’y a rien d’étonnant à ce que tant d’avocats finissent en politique.
« Cela va jusqu’à devenir la profession de référence pour l’exercice du pouvoir.
Et si quelques politicards ne sont pas issus du barreau ou de la magistrature,
tous ambitionnent d’y être intronisés, malgré quelques mises en examen plus
ou moins classées auparavant. Il est vrai que cette profession est l’une des
très rares où n’importe qui peut être couronné sans la moindre capacité en
rapport, par simple appartenance à une corporation du passe-droit ou de la
fortune (1).
« Qui, peut se faire introniser plombier ou médecin sans en avoir suivi les cursus ?

 

« La technique de base de tout avocat ? Elle est exactement celle de la justice : le déni. Pour lui, toute défense consiste à prétendre que l’adversaire n’apporte pas les preuves de ses accusations, et peu importe l’évidence de la preuve apportée. Même le flagrant délit sera nié par instauration d’un doute, au besoin procédural, psychiatrique, machiavélique, ou tout simplement appréciatif sans fondement pourvu que ce soit dit avec déchirante conviction.

 

« Dans ces professions de paraphilanthropes, c’est l’argent extorqué aux pauvres gens qui construit le socle de la déification. Une vraie pochade freudienne ! “Je te sauve si tu me payes, mais à condition que tu n’aies ni doutes ni recours contre moi. Il faudra aussi que tu me dises merci pour t’avoir laissé faire tout le boulot, parce que si c’est moi qui daigne te représenter, c’est à toi de te battre et ce sera à toi d’assumer la part de défaite. De toutes façons, sans moi, tu es inintelligible (on dit aussi irrecevable), donc condamné d’avance.”

 

« Ne demandez pas à un avocat de vous sortir de la merde. Son bénéfice est de vous y accompagner. Plus vous vous y enfoncerez, plus il vous prendra l’argent que vous lui tendrez désespérément pour vous en sortir, tout en vous laissant croire qu’il est votre seul espoir.

 

« Heurté, exaspéré, anéanti… vous comptiez enfin vous en remettre
à la compétence d’un avocat ?
« Bonne chute.
« En justice, votre premier ennemi, c’est votre propre avocat.
Juste en parallèle avec les codes de procédures. »

 

...

Mais non, va !
Ils ne sont pas tous comme ça...
C’est juste ce qu’on pense d’eux après avoir découvert que la justice n’en est pas une.

 

 

(1) Par bénéfice de procédures dérogatoires prévues par la loi (décret du 27 novembre 1991 : art. 97, alinéa 3 ; 98, al. 4, et autres contorsions récentes toujours en débat...).